Les procédures applicables :
Face à un problème de CEM, on peut se trouver soit en position de victime soit
en position d’agresseur. L’agresseur perturbe le fonctionnement d’un appareil
dans son environnement sans bien souvent s’en rendre compte. La victime
subissant les perturbations est la seule à pouvoir à s’en plaindre en vertu des
règles de CEM. Dans le cas des radiocommunications, c’est l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences, 78 Avenue du Général de Gaulle, 94704 Maisons-Alfort-Cedex) qui est habilitée à recevoir les plaintes mais, avant d’en
déposer, il est important de savoir quelle est la cause du conflit ce qui n’est
pas facile d’autant plus qu’il faut identifier les équipements en cause afin de
savoir à quelle norme ils doivent se référer. En effet, les organismes habilités
et chargés de contrôler la perturbation conflictuelle pourraient considérer la
plainte comme étant irrecevable si l’agresseur exploite ses équipements dans le
respect des normes applicables. Dans ce cas, le plaignant pourrait avoir à
supporter les frais de mesure correspondant au litige.
En vertu de ces principes, si un radioamateur se trouve en position d’agresseur,
il doit effectuer un contrôle technique personnel préalable pour s’assurer de la
conformité de ses installations, non seulement aux réglementations et normes des
équipements mais également de toute l’installation d’alimentation et d’antenne
auxquels ils sont reliés. S’il se trouve en position de victime, le travail
d’identification est laborieux et des procédures logiques et de bon sens devront
être appliquées
Il faut également savoir que, dans beaucoup de cas, les normes applicables sont
respectées malgré l’existence d’un problème auquel il faut apporter une
solution. C’est soit par une entente amiable que les corrections appropriées
pourront être mises en place soit sous contrainte d’une décision judiciaire qui
serait prise en fonction du respect de ce qu’on appelle des règles de bonne
conduite. Ces règles sont basées, dans les cas nous intéressant, sur des
recommandations de l’UIT ou autres organismes nationaux et européens habilités à
les éditer.
Les directives européennes applicables :
Ces directives sont importantes pour comprendre les procédures applicables en
cas de problème CEM :
D’autres directives comme celles qui seront plus particulièrement applicables à
la CPL suivent une procédure d’adoption qui en autoriseront la publication dés
que la traduction en sera disponible.
Les normes applicables :
La recherche de la norme applicable à tel ou tel type d’appareil est un
véritable parcours du combattant à travers des organismes complexes. Il n’est
possible ici que de recommander des procédures permettant d’identifier des
documents concernés sachant que leur consultation n’est généralement pas
possible sans les acheter auprès des organismes responsables. Dans certains cas
qui peuvent nous intéresser et dans le but de comprendre les problèmes
rencontrés certains tableaux de valeurs limites à ne pas dépasser sont
présentées. Les conditions dans lesquelles les mesures correspondant à ces
limites n’étant définies avec précision que dans les documents applicables, nous
ne pouvons que rappeler que certaines règles très générales et quelques
considérations techniques associées pour se rapporter aux conditions réelles
d’exploitation de nos équipements radio. (voir chapitre Mesures)
Les appareils concernés par les normes CEM sont rangés dans des catégories
différentes en fonction de leur application. En général, tous ceux dont l'usage
domestique ou industriel ne dépend que de leur lien au réseau
électrique doivent répondre à des exigences normalisées par le
CENELEC
(Comité Européen de Normalisation en ÉLECtronique et en
électrotechnique). Le correspondant du CENELEC en France est
l'UTE (Union Technique de l'Electricité). Ceux qui
font intervenir les télécommunications doivent répondre aux exigences
de l'ETSI (European Telecommunications Standards Institute).
En France, on trouvera la plupart de ces documents sous l’étiquette « Normes
françaises » à L’AFNOR (Association Française de NORmalisation), sachant qu’on peut se les procurer
ici ou au LCIE (Laboratoire Central des Industries Electriques).
Pour permettre de s’y retrouver particulièrement dans la classification des
produits de télécommunications, l’ART (Autorité de Régulation des
Télécommunications) et l’ANFR donnent certaines recommandations à suivre en
indiquant les références utiles.
Il faut cependant bien comprendre que si tous les appareils concernés par les
CEM ont des limites de rayonnement à respecter, tous n’ont pas à se préoccuper
de leur immunité à d’autres rayonnements. Les équipements de radiocommunication
sont tenus de respecter les deux contraintes sachant que bien souvent dans le
cas de l’immunité il pourrait y avoir confusion avec d’autres phénomènes comme
l’intermodulation ou la sélectivité de canal. Rechercher la cause réelle des
problèmes de CEM n’est pas facile et il sera toujours conseillé aux intéressés,
victimes ou agresseurs, de s’informer sur ce qui est opposable à tous les partis
en cause…
Il faut savoir, malgré tout, que les contraintes imposées par les limites sont
loin d’être suffisantes pour assurer une parfaite cohabitation entre tous. Les
industriels, qui ont une influence prépondérante sur l’établissement des valeurs
correspondantes, interviennent en faveur du minimum qui leur permet de mettre
sur le marché des produits compétitifs en partant du principe que la probabilité
pour qu’un problème se pose est faible. Ce raisonnement, acceptable pour les
perturbations à bande étroite faciles à éliminer de cas en cas par filtrage, ne
peut être retenu pour les perturbations à large bande. Une confusion de genre
apparaît ainsi dans beaucoup de normes en cours d’élaboration pour les
transmissions de données à haut débit. Elle doit nous inciter à rester
vigilants.