|
Menu - CEM
|
Technique
des champs électromagnétiques
L'électromagnétisme est un phénomène physique dont nous ne ressentons
pas les effets dans notre vie quotidienne alors que nous y sommes soumis
plus ou moins intensément suivant l'endroit où nous nous trouvons. Il se
caractérise par une répartition de champs électriques et magnétiques en
perpétuelle variation et distribués sur tout le spectre des fréquences
radioélectriques allant des grandes ondes aux hyperfréquences à la
limite de la lumière.
Si en tant
que radioamateurs nous sommes censés comprendre ce que la puissance d'un
signal exprime, il semble que la notion de champ n'ait guère de sens
pour la plupart d'entre nous alors que c'est ce qui caractérise
effectivement ce qui se passe sur une fréquence définie et à un instant
donné. En réception, la puissance utilisable d'un signal HF est le
résultat de la transformation du champ électromagnétique existant en un
lieu au moyen d'une antenne. Réciproquement en émission le rayonnement
de cette antenne équivaut à une répartition de la puissance du signal HF
dans toutes les directions sous forme de champs électromagnétiques
autour du lieu où elle se situe.
Il y a une
correspondance physique réelle entre la puissance d’un signal HF et le
champ électromagnétique qu’il génère en un lieu défini, à travers les
performances des antennes utilisées tant à l’émission qu’à la réception.
En
application directe de ces considérations, la CEM utilise les équations
de formation ou de capture des champs électromagnétiques dans la mesure
où aucun phénomène affectant la propagation des ondes créées
n’intervient pour les modifier. La compréhension des unités utilisées
est importante pour étudier les solutions à apporter aux problèmes
posés.
Une unité
de puissance universelle :
Il est de
coutume de parler de puissance en Watts pour son émetteur et
"d'indication du S-mètre" en réception par une expression en points de 0
à 9 avec des dB au-dessus. Il serait évidemment possible d'exprimer la
"force" d'un signal de réception par des micro-watts ou les puissances
d'émission en points S (100w par S9+123 dB !!). Ces expressions
inversées ne sont évidemment pas courantes et pour uniformiser le
langage on préfère utiliser une unité universelle très pratique : le dBm
Si V et I
expriment (en Volts et Ampères) la tension et le courant dans une
impédance purement résistive R (Ohms), chacun sait que la puissance P en
Watts vaut R*I² ou V²/R. L'unité correspondante est le Watt et comme le
rapport en dB entre 1W et 1mW fait 10*Log(1000)= 30 dB, il suffit
d'ajouter 30 à l'expression du 10*Log(P) pour exprimer ce paramètre en
dBm. Ainsi une puissance de 100w correspond à 50 dBm et un signal à S9
(V = 50µV sur R = 50 Ohms ou 5 µW) correspond à -73 dBm.
Les
unités des Champs électrique et magnétique :
On peut
exprimer le champ électromagnétique à une fréquence donnée et en un lieu
fixé soit par son expression électrique (E en Volts/mètre ou V/m) soit
par son expression magnétique (H en Ampère/mètre ou A/m). Le choix de
l’unité la plus pratique est fixé en fonction de la facilité qu’il y a à
en mesurer la valeur à la fréquence qui nous intéresse. Les A/m sont
utilisés plutôt dans les bandes HF (jusqu'à 30MHz) et les V/m sur les
bandes supérieures. Il est en effet difficile de déployer des antennes
efficaces et de petites dimensions pour mesurer les champs électriques
en bandes HF, alors que les boucles magnétiques sont plus appropriées.
Le passage
d'une unité à l'autre se fait à partir d'une notion d'impédance d'onde
correspondant au rapport entre le champ électrique et le champ
magnétique sachant, qu'à partir d'une distance d'un ordre de grandeur
comparable à la longueur d'onde, le signal émis est dit "formé" et ce
rapport est constant à 377 Ohms. De même, à partir de cette même
distance et dans des conditions de dégagement de chaque antenne
suffisante pour ne pas avoir à tenir compte des effets d'absorption ou
de réflexion sur des obstacles proches (espace libre), les champs
électriques et magnétiques sont inversement proportionnels à la
distance.
Dans ces
conditions, l’expression du champ électrique en un lieu à distance (d)
d’un point d’émission avec une puissance rayonnée Pe ne dépend pas de la
fréquence :
E = (30* Pe)1/2/d avec E en V/m, Pe en Watts et d en mètres; ainsi H = E/377 en
A/m
On en
déduit une expression de densité surfacique de puissance :
W = E*H
= E²/377 = 30*Pe/(377*d²) en W /m²
De même
que pour l’expression des puissances, on peut exprimer les valeurs de
champ de façon logarithmique en dB des références d’unités : dBV/m, dBA/m
etc… l’unité la plus courante en radioélectricité est le dBµV/m. Comme
toute expression en dB introduit une notion de puissance liée, dans ce
cas, au carré de l’unité de référence les variations seront exprimées
par 20*Log(unité). On passera ainsi d’une expression de champ en dBV/m à
celle en dBµV/m en y ajoutant 120 dB.
La
relation entre puissance Pe en dBm et Champ E en dBµV/m est alors : E =
Pe - 20*Log(d) + 104,77
On peut
ainsi passer de l’expression d’un champ à une distance d1 à celui à une
distance d2 en corrigeant le résultat par l’expression en dB du rapport
de distance 20*Log(d1/d2)
Le champ
magnétique H en dBµA/m devient en tenant compte de l’impédance d’onde :
H = E – 51,53.
Le
facteur d’antenne :
Le rôle
d'une antenne est d'effectuer la transformation du champ électrique en
puissance des signaux HF captés HF (et vice-versa). On lui associe pour
cela un paramètre de gain relativement à l'hypothèse la plus simple
définissant les champs électromagnétiques autour du point d’émission.
Cette hypothèse de référence correspond à une notion d'isotropie qui
associe le même champ à un rayonnement fixé à partir de l’expression
précédente uniquement en fonction de la distance d du point d’émission
et dans toutes les directions (azimut et site). Les courbes iso-champ
ainsi obtenues sont situées sur des sphères centrées sur le point
d’émission.
Si
l’antenne constituant cette référence n’est qu’une image physiquement
irréalisable, les caractéristiques de gain de toutes les réalisations
pratiques s’y réfèrent et on parle dans ce cas de gain isotropique
exprimable en dBi.
La
conversion en réception d’un champ électrique E en signal HF de
puissance Pr par une antenne isotropique répond à l’équation suivante :
Pr = Ao*(E²/120p)
avec Ao = l²/4p
, l
représentant la longueur d’onde en m soit
l
= 300/F (F en MHz)
En se
ramenant aux unités logarithmiques définies précédemment, on obtient une
expression simplifiée :
Pr(dBm) =
E(dBµV/m) - 20*Log(F) –77,21
Le gain
d’une antenne est une variable dépendant de sa réalisation pratique pour
obtenir une répartition des champs plus ou moins importante en fonction
des axes de rayonnement. Cette notion de directivité privilégie des
directions dans un espace à 3 dimensions définissant le gain comme un
facteur multiplicateur du champ rayonné dans l’hypothèse isotrope. Ce
même gain s’applique à la réception d’un signal venant de la direction
prise en compte. Il faut ainsi associer à son expression Gi (en dBi)
l’axe considéré dans l’espace de définition. En règle générale on
retient la valeur maximale de Gi sur son axe privilégié et les angles
d’ouverture dans les plans verticaux et horizontaux pour Gi –3 dB. En
terme de CEM, on ne retient que le cas de couplage optimal entre les
équipements en cause c’est à dire pour la plus forte valeur de Gi afin
de définir le pire cas. Une analyse précise doit faire intervenir une
notion plus complexe à prendre en compte par représentation de la
position exacte des antennes et des équipements en cause. On établit
alors un facteur de correction par rapport au pire cas.
Les
expressions de champs électriques rayonnés et de puissance en réception
deviennent, en définissant les puissances d’émission Pe et de réception
Pr en dBm, Les champs électriques E en dBµV/m, les champs magnétiques H
en dBµA/m, les fréquences F en MHz, les distances d en mètre et les
gains d’antenne Gi en dBi :
E = Pe - 20*Log(d) +
104,77+ Gi ; H = Pe - 20*Log(d) + 53,24+ Gi et Pr = E - 20*Log(F)
–77,21+ Gi
A titre
d’exemple, un dipôle demi-onde a un gain Gi = 2,1 dBi sur l’axe
perpendiculaire au brin rayonnant avec un angle d’ouverture à -3dB (Gi =
-0,9 dBi) d’environ 90° . On trouve un affaiblissement maximum dans
l’axe du brin correspondant à des Gi compris entre -15 dBi et -25 dBi en
fonction de la réalisation pratique de l’antenne. Ce type d’antenne sert
souvent de référence et on parle alors de gain relatif au dipôle : Gd =
Gi- 2,1 exprimé en dBd
Applications pratiques :
Les unités
décrites ici sont utilisées dans les normes applicables à tous les
équipements électroniques. Les équations précédentes permettent de
déterminer, à partir des limites définies pour assurer une compatibilité
acceptable, l'impact des rayonnements essentiels et parasites sur
l'environnement. Pour éviter des calculs fastidieux à partir de ces
équations, divers outils sous forme de tableurs traitant les données
introduites peuvent être téléchargés à partir des pages appropriées de
ce site :
-
Calcul
des champs rayonnés en émission
18,00 Ko, avec estimation
de distances critiques en dessous desquelles des limites imposées
pourraient être dépassées et tenant compte des gains d'antenne, des
pertes en ligne et d'un coefficient applicable au procédé de
modulation du signal. L'émission permanente correspond au mode FM. A
titre d'information, l'outil indique l’affaiblissement de propagation
en espace libre à la fréquence considérée et l’affaiblissement global
correspondant compte tenu des gains d'antenne
-
Calcul
des signaux reçus dans ces unités à partir d'une source d'émission
située à proximité d'une antenne de réception
19,50 Ko, aux
caractéristiques connues compte tenu de distances de séparation
pouvant être différentes de celles qui ont été appliquées pour
qualifier les équipements concernés.
Il est
important de noter que par le jeu des gains d’antenne appliqués à tous
les câbles présentant des asymétries notoires on peut déterminer sans
trop d’erreur l’impact de nombreuses perturbations. Dans le cas de
lignes électriques, par exemple, des valeurs de -20 dBi à -30dBi
représentent assez bien la réalité du terrain. Les câbles d’alimentation
ou d’interconnexion d’équipements électroniques en tout genre, plus ou
moins bien blindés, peuvent avoir des comportements équivalents.
|