19 avril 2006 - Communiqué du groupe cem
radioamateurs et commission cem du REF-Union
La France victime des
CPL
Après expérimentation de la technologie CPL dans des conditions ayant
donné à croire qu'il n'y aurait pas d'interférences avec le service
amateur; un déploiement à grande échelle a commencé en France depuis
quelques mois dans des conditions visiblement différentes. Les rares
réseaux publics contrôlés comme celui de La Haye du puits dans le
département de La Manche sont jugés inefficace et d'un succès commercial
très limité. Les autres ont été simplement arrêtés.
Le
déploiement actuel est particulièrement remarqué en Région Parisienne ce
qui semble paradoxal compte tenu du fort développement de l'ADSL et des
hypothèses qui avaient été annoncées au départ d'apporter une solution
de haut débit en zone rurale. La communauté radioamateur est ainsi
destinée à devoir affronter de sérieux problèmes d'interférences et le
premier cas concret vient de se déclarer.
Le
Conseil régional du département 77 a autorisé la société EDEV-CPL
(filiale d'EDF) à installer des équipements utilisant une technologie de
« Schneider Electric communications AB » dans un grand nombre de
communes. A ce jour 3 ont été identifiées et un cas de brouillage
violent a été immédiatement mis en évidence sur une installation fixe.
Au cours de sa présentation aux futurs usagers et en réponse à une
question sur les interférences, le représentant d'EDEV avait répondu
que, si cela devait se produire, la solution de « notching »
télécommandable à distance serait immédiatement mise en service, tout en
ajoutant que ce n'était jamais arrivé et que tous les cas examinés à ce
jour étaient imputables à d'autres parasites que les CPL.
Suite à une mise en service au début du mois d'Avril 2006 et après
plusieurs vérification sur le terrain de la corrélation entre les
signaux reçus sur l'antenne d'une installation radioamateur fixe et ceux
rayonnés par un boîtier relais situé à moins de 100m, la société EDEV a
été immédiatement avertie afin de procéder à la mise en place de la
solution la plus appropriée pour diminuer les interférences. Si un
accusé de réception a bien été envoyé, aucune opération technique n'a,
semble-t-il, pu être enclenchée depuis plus de 10 jours malgré la
fourniture d'informations précises sur le lieu et la nature des
problèmes.
S'il est permis ainsi de mettre en doute l'efficacité promise par EDEV
pour solutionner les interférences, il est aussi permis de se demander
si la plainte des radioamateurs ne ferait pas l'objet d'un traitement au
second ordre des priorités de l'industriel car bien entendu pendant ce
temps ou rien ne se fait, les interférences perdurent. L'approche
amiable officieuse ne semblant rien donner, le REF-Union a averti l'ANFR
qui doit aller constater sur place l’amplitude des perturbations et une
plainte détaillée est en préparation pour être déposée officiellement.
Les autorités françaises ont été averties depuis longtemps de
l'existence de ce risque d'interférences et les autorisations de
déploiement données pour les réseaux CPL sont bien conditionnées à la
prise en compte de ce problème à solutionner. Sans connaître en
détail les 79 communes qui seront impliquées dans ce déploiement sur
le département 77 et compte tenu du niveau très élevé des interférences
constatables à des distances supérieures à 50m des installations CPL, on
peut s'attendre à plusieurs dizaines de plaintes à moyen terme.
A
l'image de cette expérience, le déploiement dans les 63 mois à venir du
programme CPL Sipperec dans la couronne Parisienne pour raccorder
130.000 immeubles devrait générer une bonne cinquantaine de plaintes
sinon plus.
Les autorités françaises se montrent cependant soucieuses de ce problème
d'interférence en interrogeant les autorités autrichiennes sur la nature
des lignes électriques à l'origine de relevés d'interférences
importantes. Il semblerait que les lignes aériennes soient
particulièrement coupables ce qui semble à priori normal. Notons
cependant que les lignes souterraines ne le sont plus dès qu'il s'agit
d'alimenter un immeuble et que le problème reste entier même si la
probabilité d'interférer ailleurs est plus faible. Il suffit de se
déplacer dans les zones installées du département 77 avec un récepteur
AM portatif calé sur n'importe quelle fréquence entre 3 et 13 MHz pour
le vérifier.
Le
groupe cem invite les radioamateurs de la Région Parisienne à la plus
grande vigilance pour coordonner les réactions à tous ces déploiements
de réseaux CPL en restant en contact avec lui soit directement avec ses
membres soit en se signalant à l'adresse "cem at ref-union.org" .
Nous nous permettons d'insister sur le fait que le dépôt de plaintes
isolées sans certitude de l'origine CPL nuirait à l'efficacité de leur
traitement et déconsidérerait les actions de protection en cours.