En terme de santé, les critères d’hygiène de l’environnement traitant les
rayonnements non ionisants ont toujours été l’objet de suivi dans les
milieux du travail et des espaces publics. L’avènement des techniques
RADAR est très certainement à l’origine de l’élaboration des techniques de
mesure et des limites associées, suite à de nombreux accidents survenus
lors de l’exploitation et de la maintenance de ces systèmes.
Plus près de nous, et depuis 1985, les progrès scientifiques et le
développement technologique associé se sont poursuivis à un rythme rapide,
notamment sur les techniques de communication, jusque là réservés aux
domaines professionnels et militaires, utilisant des procédés nouveaux,
lasers, micro-ondes etc, déclenchant systématiquement des études
épidémiologiques répertoriées et contrôlées par l’Organisation Mondiale de
la Santé.
En 1999, l’explosion du marché de la téléphonie mobile a déclenché un
débat qui a atteint un niveau passionnel et parfois déraisonnable sur les
effets du rayonnement haute fréquence. Il devenait nécessaire, voir
indispensable, d’élargir la communication jusque là destinée aux
spécialistes vers un public demandeur de transparence sur ce sujet
complexe.
Les niveaux limites de champ électromagnétique provenant de toutes les
émissions radio sont fixés par un décret du 03.05.2002, qui transpose une
recommandation du Conseil de l’Union européenne du 12 juillet 1999. Cette
recommandation a été précédée par les travaux scientifiques de la
Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements non
Ionisants (ICNIRP) rattachée à l’Organisation Mondiale de la Santé.
Si toutes les installations à venir doivent être conformes aux
recommandations de ce décret, il en découle une exigence de mise en
conformité des installations radioélectriques existantes.
Ainsi, même si nous sommes peu concernés par nos installations
radioamateurs fonctionnant dans le cadre de la réglementation en vigueur,
sécurisant en elle-même ces installations, il est de notre devoir de
connaître la règle régissant les limites d’exposition, d’une part pour
nous même et d’autre part vis à vis d’un éventuel public exposé
intempestivement aux champs électromagnétiques que nous produisons par nos
antennes en phase d’émission.
Le texte d’actualité que le radioamateur doit avoir lu se rapporte au
Décret N° 2002-775 du 3 mai 2002 pris en application de l’article L32 du
code des postes et télécommunication et relatif aux valeurs limites
d’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les
équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les
installations radioélectriques. Ce décret peut être consulté et
téléchargé sur ce site
(274,83 Ko) ou
sur le site de Legifrance.
Une autre notion de limite a été introduite
particulièrement pour les portatifs GSM. Elle est basée sur un constat
de lésion avérée et irréversible sur le corps humain. Elle est définie
par un taux d'absorption dit "spécifique" (en anglais Specific
Absorbtion Rate ou SAR) dont la limite est fixée au 20ème du
seuil d'apparition de ces lésions avérées. Les mesures pour quantifier
ce SAR
sont extrêmement délicates et consistent a déduire des élévations locale de
température, à partir de mesures de tension aux bornes de trois dipôles
sur les axes x, y et z placés dans une tête artificielle remplie d'un
liquide spécifique et soumise a un rayonnement en champ proche. Cette
méthode n'est évidemment pas applicable par des radioamateurs mais les
limites ainsi exprimées sont censées être cohérentes avec celles qui
sont définies précédemment.