Le calcul des limites de rayonnement applicables aux émissions du service
amateur doit tenir compte du pire cas correspondant à une simultanéité
totale de transmission. L’opérateur qui cherchera à déterminer à quel
régime il devra se soumettre, ne connaissant pas toujours dans quel
environnement radioélectrique il se situe, devra prendre une marge sur le
calcul préalable qu’il pourrait être amené à effectuer. S’il envisage
plusieurs émissions simultanées il devra réduire les limites dans les
proportions correspondantes (3 dB pour 2 émissions, 5 dB pour 3 etc…) et
effectuer une analyse préliminaire de ce qu’il reçoit des émissions les
plus proches.
Sauf cas particulier ayant déterminé la présence d’émetteurs de très
grande puissance à proximité du lieu d’analyse, l’application d’une marge
divisant par deux (6 dB) les limites applicables à ses émissions
personnelles est généralement suffisante pour couvrir les cas de figures
les plus courants.
Un outil simplifié d’aide au calcul des champs rayonnés est disponible ici. Il permet de définir les distances de
sécurité applicables pour la limite normalisée et pour toute autre valeur
paramétrable. Si la zone critique susceptible de poser un problème est à
l’intérieur d’un cercle de protection dont le rayon correspond à cette
distance de sécurité, il est nécessaire d’effectuer une analyse plus fine
en 3 dimensions tenant compte des caractéristiques de rayonnement réelles
des antennes et des corrections éventuellement applicables à des distances
plus courtes que la longueur d’onde. Compte tenu des résultats obtenus en
appliquant les puissances maximales autorisées sur l’outil simplifié, ces
cas difficiles à simuler devraient être extrêmement rares.
D’autres outils d’aide à des simulations plus complètes ont été réalisés.
A cet effet citons celui qu’ON4UN a développé pour les membres de l’UBA,
qui tient compte des performances d’un grand nombre d’antennes utilisées
dans le trafic amateur. Il peut être transmis sur demande à ceux qui
souhaiteraient en disposer. Cet outil met en évidence les limites très
contraignantes retenues en Belgique compte tenu des marges de précautions
excessives qui y sont appliquées et les distances de sécurité que ce
tableur préconise peuvent sembler exagérées. Même si ce n’est pas le cas
en France, la méthode de calcul utilisée reste totalement applicable.
Tous ces calculs utilisant les mêmes équations de propagation en espace
libre manquent de précision à des distances courtes pour lesquelles la
théorie des champs proches serait plus appropriée. Le méthode de calcul
correspondante étant délicate, on préfère appliquer des corrections au
calcul en espace libre. La suggestion suivante, largement admise dans les
mesures de qualification de produits en Europe à des fréquences
inférieures à 30 MHz, peut raisonnablement s’appliquer à des expressions
de champs en dB en fonction de la distance :
(E ou H) à distance annoncée = (E ou H)à distance de référence +
n*20*Log(distance annoncée/distance de référence) avec n= 1 au-delà de 30m
(distance de référence), n=0,8 de 10m à 30m et n=0,6 de 3m à 10m
Cette formule revient à dire qu’au-delà de 30m, les conditions de
propagation en espace libre sont respectées et elle suggère des
corrections en dessous. Le calcul effectué avec les outils préconisés
étant basé sur des variations de champ en fonction de la distance pour
n=1, la correction à appliquer en dB est de :
4*Log(d/30) entre 10m et 30m
et de
8*Log(d/10)-1,91 entre 3m et 10m
(d=distance en m)
A titre d’exemple pratique, considérons le cas d’une émission de 350w PeP
à 7 MHz en BLU compressée, sur une antenne dipôle (2,1 dBi) alimentée par
une ligne ayant 0,7 dB de pertes. Si on cherche à déterminer le champ
maximum à 12 mètres de distance, le calcul de base donne un champ moyen de
7,1 V/m soit 137 dBµV/m. La correction à appliquer sur le résultat calculé
correspond à 4*Log( 12/30)= -1,6 dB qui détermine une valeur de champ de
135,4 dBµV/m soit 5,89 V/m correspondant à une valeur plus réaliste
qu’avec la seule hypothèse d’espace libre. Ainsi, ce résultat correspond à
0,18 x la limite normalisée à 7 MHz (32,8 µV/m ou 150,3 dBµV/m) ce qui
correspond à une marge de 14,9 dB bien supérieure aux 6 dB préconisés par
précaution et il n’est pas nécessaire de s’inquiéter de cette
configuration.
Au-dessus de 30 MHz et particulièrement à partir de la bande 2m, compte
tenu des distances de sécurité résultant du calcul de base, les
corrections ne sont pas nécessaires. Le choix des 30m pour distance de
référence est sans doute exagéré au-dessus de 20 MHz mais les résultats
obtenus sont tout à fait cohérents avec la plupart des vérifications
effectuées. Il convient de souligner que la correction suggérée à partir
de recommandations européennes diffère de celle que recommande le FCC aux
Etats Unis, aboutissant à de grandes divergences sur les résultats. L’ARRL
tente de faire corriger ce qu’il faut bien considérer comme une erreur de
raisonnement.